Les traitements en bio

Le cerisier est très sensible au cuivre. Ne pas dépasser la dose de 1 kg de Cu métal/ha/an. A n’utiliser que dans le cadre de protection contre les monilias en encadrement de la floraison. Toujours essayer de privilégier la prophylaxie et d’autres produits: SERENADE MAX, décoction de prêle, BSC, lithothamme,
kaolinite…
Les cerises traditionnellement cultivées en pays Basque paraissent peu sensibles à la mouche.
Cerises noires: faire attention sur jeunes vergers à la chute des pétales, Pyrévert 1.5l/ha à faire seul le soir et renouveler si nécessaire au savon potassique (5l/ha).

La cylindrosporiose

coryneum
Maladie due à 2 champignons (forme conidienne et forme sexuée), elle est toujours présente sur nos cerisiers. Elle peut être très préjudiciable car elle entraine une chute prématurée des feuilles. Le champignon passe l’hiver
sur les feuilles tombées au sol. Au printemps, en présence d’humidité (voilà pourquoi la cylindrosporiose est tellement active en pays basque…) les spores germent en quelques heures, le champignon pénètre par les stomates des jeunes
feuilles ouvertes.
Si les températures avoisinent les 16-20°C les symptômes apparaissent au bout de 5 jours. En conditions plus défavorables (T° plus basses, temps sec) les symptômes apparaissent au bout de 10-15 jours.
On assiste ensuite à des contaminations secondaires.
Ce que l’on doit en conclure pour la protection du verger:
• Elimination de toutes les feuilles tombées au sol: broyage, balayage, brûlage broutage, arrosage avec azote organique pour en faciliter la décomposition,… pas mal de possibilités !
• Eviter les stress hydrique: irriguer si nécessaire, même après récolte.
• « Faire sécher les arbres »: Choix du lieu d’implantation du verger, avoir des arbres aérés, choisir de
former des gobelets plus ouverts, ….
• « Le feuillage ne doit pas rester humide plus de 12 heures de suite » CTIFL (Jean-Luc Petit parle de 20 heures à 16°C). Avoir des pratiques « asséchantes »: lithothamme en poudrage, kaolinite ou talc.
• Tester en renforcement des cellules: décoction de prêle.
• Tester pour rendre le milieu moins propice au champignon: l’utilisation de kanne (pain fermenté, très acide) . On s’inspire ici de ce que l’on a pu remarquer dans la lutte contre les crypto sur prunier d’ente.
• Tester en curatif: ce sont des pistes:
L’utilisation du soufre sous différentes formes, qui est un anti-fongique fort appréciable compte tenu de la sensibilité du cerisier au cuivre et qui en plus est exothermique ce qui peut aider au séchage des feuilles.
Eviter les applications par T° > à 25°C.
o BSC à partir de 8- 10-15 heures d’humidité ? en notant températures et durée d’humectation (exp: Bouillie nantaise préconisée à 0.4l/hl en traitement « stop » contre la monilia)
o soufre PM (3 à 4 kg/ha) + prêle ?
o soufre poudrage ?
o essayer d’associer du soufre PM à du cuivre sous forme gluconate (pénétrant) à très petites doses (≤ 1 l/ha).

– Utilisation des ferments lactiques : le moût de pain : kanne.
Préparer (comme pour une pâte à pain) 20 kg de farine bio (l’idéal étant blé + seigle + épeautre+ avoine)
avec du levain et 1 kg de gros sel puis laisser lever pendant 24 h. Puis incorporer cette pâte à vos 1000 l d’eau*. Remplir bien jusqu’au bouchon pour évacuer le maximum d’oxygène (= fermentation anaérobie recherchée). Puis laisser macérer pendant 3 mois sans oublier de laisser dégazer le mélange de temps en temps.
Au bout de cette période le kanne est prêt à l’emploi. On peut y ajouter de l’eau au fur et à mesure des prélèvements. Filtrer avant d’incorporer dans l’atomiseur.
Au début du cinquième mois après la mise en fabrication, il faudra apporter un peu de nourriture aux bactéries (= 5 kg de céréales germées ou de farine) Puis se sera un apport de nourriture mensuel, ainsi on peut conserver sa base de kanne très longtemps.
– Dilution pour acidification de l’eau : 5 à 10 % (à contrôler avec un PH mètre ou des bandelettes de test) pour améliorer l’absorption foliaire.
– Dilution pour apport de ferments lactiques (exp avec une décoction de prêle) : 10  à 15 %
Les ferments lactiques ont un rôle alimentaire et permet de « booster » la vie organique du sol. Traditionnellement utilisé sur des prairies permanentes. Ont prouvé qu’ils étaient un excellent décontaminant des sols après Tchernobyl.
*On peut partir sur un litrage et donc une dose de farine plus faible. Le minimum, pour une bon maintien du produit semble être de 200 litres.
S’achète également tout fait !! (Gérad Raffin 06 32 34 72 22).

Source: Juliette Démaret, technicienne arboriculture en bio

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